Santé mentale des sans-abri : Faut-il intervenir davantage ?


Vol. 8 no. 1 2008

Jean-Luc Dubreucq, m.d., psychiatre Directeur de l'enseignement Institut Philippe-Pinel de Montréal Professeur adjoint de clinique Université de Montréal " (...)

Résumé.

40 % des personnes sans domicile fixe de Montréal souffrent d’un trouble mental grave. Cette situation alarmante a des causes complexes. Prises isolément, aucune ne peut prétendre tout expliquer. Parmi elles, l’état actuel du droit interpelle plus particulièrement les psychiatres et les juristes dans leur devoir de protéger les personnes les plus démunies. En effet, on ne peut plus se contenter d’invoquer la désinstitutionnalisation pour expliquer la forte proportion de malades mentaux parmi les itinérants. Il faut aussi considérer le fait que les soins sont désormais donnés en tenant compte du choix des personnes qui les reçoivent. Ce respect de l’autonomie des patients est le plus souvent bénéfique mais il a aussi pour conséquence de laisser à elles-mêmes, dans un état d’extrême indigence, sans même la capacité de crier au secours, des personnes gravement malades et en rupture de soins. Il est urgent d’opposer à ce nouveau visage de l’exclusion, un devoir d’ingérence envers les personnes bafouant, bien malgré elles, leur propre droit à recevoir soins et protection. Cliniciens et juristes doivent travailler ensemble pour définir les contours de ce devoir d’intervention. Il devront trouver un nouvel équilibre entre le besoin de soins et le respect des libertés.


Summary

40 % of the homeless in Montreal suffer from severe mental disorder. Most of the time, deinstitutionalization is pointed out as the main cause of this situation. In fact, a closer survey of the problem proves there are much more complex causes to it than this only explanation. As a matter of fact, the modification of the law in order to take into account the rights and autonomy of the mentally ill patients is to be considered as one of the possible factors leading to homelessness because of the risk of health care interruptions. However, clinical commitment along with legal interventions and humanitarian interference could reduce the risk of homelessness and offer the most vulnerable patients good health care and new opportunities to find a place within the community. Clinicians and lawyers have to cooperate to define a fine balance between the patients’ rights and their needs for care.

NOTE: Initialement offert en prépublication au vol. 7 no. 1 2007

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Caractéristiques démographiques et délictueuses d'agresseurs sexuels internés en Défense Sociale(1)


Vol.8 no. 1 2008

Thierry Pham*, Claire Ducro° & Jennifer Dewilde+

* Ph.D. Professeur à l'Université de Mons Hainaut (UMH), Belgique
Directeur. Centre de Recherche en Défense Sociale (CRDS), Tournai, Belgique
° M.Sc. Chercheuse. Centre de Recherche en Défense Sociale (CRDS), Tournai, Belgique
+ MSc. Université de Mons Hainaut (UMH), Belgique

Résumé :

Cette étude analyse les caractéristiques délictueuses et démographiques de 88 agresseurs sexuels composés de 29 agresseurs d'adultes, 36 agresseurs d'enfants et de 23 agresseurs d'adultes et d'enfants internés en Défense Sociale, en Belgique francophone. Ces trois groupes d'agresseurs sexuels ont été comparés sur les plans des différents délits commis, de l'âge, et du type de victime(s). Dans l'ensemble, les résultats sont assez congruents avec les données de la littérature internationale.


Summary:

The study analyses offence and demographic characteristics among a sample of sex agressors offenders in forensic facility (N=88). The sample was divided into three groups: 29 adult victims sex agressors, 36 child victims sex agressors and 23 adult and child victims sex agressors. These groups were compared on the type of offences and victims characteristics. Globally, the results were rather congruent with the international literature.

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