Éditorial - Psychiatrie et violence : quel est le risque acceptable ?

Bruno Gravier. Service de Médecine et de Psychiatrie Pénitentiaires, Département de psychiatrie du CHUV, University Hospital of Lausanne, site de Cery 1008 –Prilly, Suisse. Bruno.Gravier@chuv.ch

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Résumé
L’évolution des connaissances et des compétences en matière d’évaluation et de gestion du risque de violence a permis une indiscutable avancée. Néanmoins les instruments utilisés restent encore source de controverses et prêtent le flanc à de nombreuses critiques. Dans ce contexte le climat sécuritaire actuel fait peser une lourde pression sur les équipes soignantes qui ont aussi à faire face à la violence des patients. Une réflexion sur les possibilités et les limites autant du soin que de la privation de liberté permet, peut-être d’envisager ce qu’est un risque acceptable.

Mots-clés : violence, dangerosité, évaluation du risque, gestion du risque

Abstract
Evolution of knowledge and skills in violence risk management and assessment allowed an indisputable progress. Nevertheless instruments used such as HCR-20 still remain source of controversy and gives occurrence to numerous criticisms. In this context, the current high security climate puts added pressure on the medical teams which also have to deal with the violence of patients. A reflection on the possibilities and the limits of care as well as freedom deprivation may allow us to envision what is an acceptable risk.

Key words: violence, dangerousness, risk assessment, risk management

Quand la justice restaurative rencontre le Good Lives Model de réhabilitation des délinquants sexuels : fondements, articulations et applications

Geneviève Coco
Psychologue, Université de Liège, Service de Psychologie Clinique

Serge Corneille
Psychologue, Université de Liège, Service de Psychologie Clinique

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Résumé
À partir de la littérature scientifique et de leur pratique clinique, les auteurs discutent les modèles pénologiques et d’intervention psychologique destinée aux délinquants sexuels. Une première partie du propos présente le modèle de justice réparatrice et/ou restaurative à la lumière des modèles pénologiques qui l’ont précédé. Une seconde partie est consacrée au Good Lives Model, le modèle d’intervention psychologique le plus récent. Dans une troisième partie, les auteurs détaillent les liens unissant le modèle de justice réparatrice et/ou restaurative au Good Lives Model et exposent, dans une quatrième partie, diverses applications de ces modèles dans le champ de la délinquance sexuelle. Enfin, l’humanisme véhiculé par ces nouveaux modèles est valorisé dans une brève conclusion.

Mots-clés : délinquance sexuelle, intervention psychologique, Good Lives Model, justice restaurative

Abstract
When Restorative Justice Meets the Good Lives Model of Sex Offender Rehabilitation: Bases, Articulations, and Applications

From the scientific literature and their clinical practice, the authors discuss the penologic and psychological intervention intended for sex offenders’ models. A first part of the paper presents the restorative justice model in the light of the penological models which preceded it. A second part is devoted to the Good Lives Model, the most recent model of psychological intervention. In a third part, the authors detail the bonds linking the restorative justice model with the Good Lives Model and describe, in a fourth part, various applications of these models in the field of the sexual offending. Lastly, the humanism conveyed by these new models is promoted in a brief conclusion.

Key words: sex offending, psychological intervention, Good Lives Model, restorative justice

La violence des jeunes : quel contenu pour quel cadre ?

La violence des jeunes : quel contenu pour quel cadre ?
Comment répondre au sentiment d’insécurité interne de ces adolescents et éviter les dérives sécuritaires ? (Expérience de l’IPPJ[1] de Braine-le-Château – Belgique)

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Pauline Diez
Psychologue
pauline.diez@cfwb.be

Odile Butera
Assistante sociale
odile.butera@cfwb.be

Virginie De Ridder
Psychologue
virginie.deridder@cfwb.be

Joël Ponseele
Psychologue
Directeur adjoint
joel.ponseele@cfwb.be

Aurélie Praile
Psychologue
aurelie.praile@cfwb.be

Frédéric Tobias
Responsable pédagogique
frederic.tobias@cfwb.be

Nadège Van Hecke
Criminologue
Conseillère laïque
nadege.vanhecke@cfwb.be

Marie-Claude Crollen
Psychologue
Directrice
marie-claude.crollen@cfwb.be

Résumé
L’article traite de la manière dont une IPPJ accueillant des mineurs délinquants en milieu fermé a développé ses assises théoriques et ses outils institutionnels pour répondre au mieux aux conduites d’agir de ces adolescents qui font souvent très peur de par les actes destructeurs qu’ils commettent.

Partant du postulat, souvent vérifié, que l’enfermement « pur et dur » des jeunes délinquants ne peut, à moyen ou à long terme, que générer ou renforcer leur potentiel (auto)destructeur, l’institution apporte, outre une approche socio-éducative structurante et responsabilisante, un panel d’interventions pluridisciplinaires mobilisantes pour le jeune et ses familiers.

Ces interventions, axées principalement sur les notions de lien, de valorisation, de restauration de l’estime de soi et de reconnaissance de l’acte transgressif comme acte symptôme d’une problématique personnelle et familiale importante, vous sont détaillées dans cet article. Elles sont, pour le personnel de l’IPPJ, la meilleure réponse à ceux qui prônent le renforcement du sécuritaire.

Mots-clés : délinquance juvénile, lien, pluridisciplinarité, estime de soi, (in) sécurité

Summary
This paper aims to present the way a detention facility for young delinquents (IPPJ) developed a theoretical background and some institutional measures to tackle the problem of juvenile delinquents’ criminal acts. Starting from the assumption that juvenile delinquents’ incarceration may generate or worsen the youths’ undesirable destructive behavioral patterns, the institution provides a socio-educative support and uses a large range of multidisciplinary interventions. These interventions, which are mainly focused on the notions of linkage, valorization, self-respect and recognition of the criminal act as a symptom of an important personal or familial disorganization, are detailed in this paper. According to the IPPJ’s staff, they represent the best response to those who advocate the security reinforcement.

Key-words: juvenile delinquency, linkage, multidisciplinarity, self-respect, (in)security

Sumario
El artículo relata como un Instítuto Público Para La Protección de la Juventud (IPPJ) que aloja a delincuentes menores de edad en medio cerrado ha desarrollado sus bases teóricas y sus herramientas institucionales para responder mejor a los comportamientos de esos adolescentes que, muy a menudo, hacen mucho miedo por los actos destructores que han cometido.

Partiendo del postulado, muy a menudo comprobado, que el emparedamiento « puro y duro » de jóvenes delincuentes solo puede, a medio o largo plazo, generar o enforzar su potencial (auto)destructor, el Instítuto procura, además de un enfoque socioeducativo estructurador y reponsabilizante, una serie de intervenciones pluridisciplinarias mobilizantes para el joven y sus familiares.

A continuación se detallan esas intervenciones, principalmente orientadas sobre las nociones de vínculo, de valorización, de restauración de la autoestima y de reconocimiento del acto transgresivo como acto síntoma de una problemática personal y familiar importante. Son, para el personal del Instítuto, la mejor respuesta o los que preconizan el resfuerzo seguridario.

Palabras llaves: delincuencia juvenil, vínculo, pluridisciplinaridad, autoestima, (in) seguridad

Évaluation de la Pensée Constructive chez les adolescents délinquants : une approche pour comprendre les réponses inadaptées au stress

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Laura Udry-Jørgensen
Service Universitaire de Psychiatrie de l’Enfant et de l’Adolescent (SUPEA), Unité de Recherche, Rue du Bugnon 25A, CH–1011, Lausanne, Suisse
Laura.Jorgensen@chuv.ch

Sandrine Pihet
Service Universitaire de Psychiatrie de l’Enfant et de l’Adolescent (SUPEA), Unité de Recherche, Rue du Bugnon 25A, CH–1011, Lausanne, Suisse

Maya Suter
Service Universitaire de Psychiatrie de l’Enfant et de l’Adolescent (SUPEA), Unité de Recherche, Rue du Bugnon 25A, CH–1011, Lausanne, Suisse

Monique Bolognini
Service Universitaire de Psychiatrie de l’Enfant et de l’Adolescent (SUPEA), Unité de Recherche, Rue du Bugnon 25A, CH–1011, Lausanne, Suisse

Bernard Plancherel
Service Universitaire de Psychiatrie de l’Enfant et de l’Adolescent (SUPEA), Unité de Recherche, Rue du Bugnon 25A, CH–1011, Lausanne, Suisse

Pascal Weinguni
Service Universitaire de Psychiatrie de l’Enfant et de l’Adolescent (SUPEA), Unité de Recherche, Rue du Bugnon 25A, CH–1011, Lausanne, Suisse

Mathias Romailler
Service Universitaire de Psychiatrie de l’Enfant et de l’Adolescent (SUPEA), Unité de Recherche, Rue du Bugnon 25A, CH–1011, Lausanne, Suisse

Olivier Halfon
Service Universitaire de Psychiatrie de l’Enfant et de l’Adolescent (SUPEA), Unité de Recherche, Rue du Bugnon 25A, CH–1011, Lausanne, Suisse

Philippe Stephan
Service Universitaire de Psychiatrie de l’Enfant et de l’Adolescent (SUPEA), Unité de Recherche, Rue du Bugnon 25A, CH–1011, Lausanne, Suisse

Résumé
Objectif : Cette étude préliminaire vise à caractériser la Pensée Constructive chez des adolescents délinquants par rapport aux adolescents de la population générale.

Méthode : 66 délinquants (12-18 ans) sont comparés à 540 adolescents tout-venants sur les différentes facettes de l’auto-questionnaire « Constructive Thinking Inventory ».

Résultats et conclusion : Les adolescents délinquants présentent une Pensée Constructive moins efficace : certains styles cognitifs de coping les rendent moins aptes a prendre des décisions adaptés lorsqu’ils se trouvent face à des situations stressantes, favorisant les conduites d’échec. Des interventions pourraient être focalisées sur l’amélioration de la gestion du stress.

Mots-clés : délinquance juvénile, Pensée Constructive, stress, coping, conduites d’échec

Abstract
Objective: This pilot study aims at assessing Constructive Thinking in a sample of adolescent offenders and in a normative sample of adolescents.

Method: 66 adolescent offenders (12-18 years) were compared to 540 control adolescents on the different subscales of the “Constructive Thinking Inventory”.

Results and Conclusion: Adolescent offenders show a less efficient Constructive Thinking: they show cognitive styles that may hamper their ability to take appropriate decisions when facing stressful situations, increasing self-defeating behaviors. Interventions may focus on improving adequate coping with stress.

Key-words: juvenile delinquency, Constructive Thinking, stress, coping, self-defeating behaviors

Violences conjugales et criminels dits « passionnels »

Annik Houel. Professeure de psychologie sociale, GRePS, Groupe de Recherche en Psychologie Sociale, EA 4163, Université Lyon 2, 5 avenue Pierre Mendès-France, 69 676 BRON Cedex. France. annik.houel@univ-lyon2.fr

Jacques Laporte. Psychologue au service de Médecine légale du CHU de Saint-Etienne, et doctorant, GRePS, Groupe de Recherche en Psychologie Sociale, EA 4163, Université Lyon 2, 5 avenue Pierre Mendès-France, 69 676 BRON Cedex. France. jacques.laporte@chu-st-etienne.fr

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Résumé
La recherche sur le crime dit « passionnel » que nous avons menée à partir de l’étude socio-clinique de 32 dossiers d’instruction de la Cour d’Assises de Lyon montre qu’une très grande partie des hommes meurtriers de leur compagne sont des hommes qui frappaient leur femme, mais aussi qu’ils avaient pu appeler à l’aide d’une façon ou d’une autre. On comprend donc tout l’enjeu de la prévention de la récidive des violences conjugales, ainsi que du risque d’homicide qu’elles peuvent entraîner. Aussi, à Saint-Étienne, se tiennent des groupes de parole avec des hommes violents qui ont fait l’objet d’un dépôt de plainte, expérience menée dans ce but de prévention avec l’aide du Parquet.

Mots-clés : violences conjugales, homicides conjugaux, groupes de parole

Abstract
Domestic violence and “crimes of passion”

Our research on so-called “crimes of passion”, a socio-clinical study of 32 Criminal Court cases, explicitly points out that a large number of men convicted of murdering their partner have both previously engaged in domestic violence and called for help in one way or another. We thus understand the stakes for the prevention of domestic violence recidivism. In this regard, today in Saint Etienne, an experimental support group for perpetrators, who are the object of a legal complaint, is being conducted with the help of the prosecutor with the aim of preventing recidivism.

Key-words: domestic violence, homicides, support groups

Entre risque objectif et risque perçu :

Entre risque objectif et risque perçu : de la nécessaire prise en considération des représentations sociales de la dangerosité pour une optimisation de son évaluation

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Nathalie Przygodzki-Lionet
Maître de Conférences en Psychologie Sociale, Unité de Formation et de Recherche de Psychologie, Laboratoire PSITEC – EA 4072, Université Charles de Gaulle – Lille 3, Domaine Universitaire du « Pont de Bois », B.P. 60149, 59653 Villeneuve d’Ascq Cedex
nathalie.lionet-przygodzki@univ-lille3.fr

L’objectif de cet écrit est de tenter de montrer l’intérêt et la pertinence d’appréhender la problématique de la dangerosité d’un point de vue psychosocial.

Résumé
Les professionnels de la santé et de la justice sont de plus en plus sollicités pour évaluer le risque de récidive et la dangerosité des personnes qui leur sont confiées. Mais le risque « acceptable » pour les uns n’équivaut pas nécessairement à celui des autres, nos évaluations dépendant de nos perceptions et représentations sociales spécifiques quant à la dangerosité. Ces différentes manières d’appréhender le danger présentant chacune une certaine utilité sociale, leur prise en considération simultanée, rendue possible par un travail pluridisciplinaire, ne peut qu’être source d’enrichissement pour chaque professionnel y participant et d’amélioration de l’évaluation de la dangerosité.

Mots-clés : risque, dangerosité, perceptions sociales, représentations sociales, evaluation

Abstract
Between objective risk and perceived risk: The necessary consideration of social representations of dangerousness for an optimization of its assessment

The professionals in the fields of health and justice are increasingly asked to assess the risk of recidivism and the dangerousness of the people entrusted to them. However, for some of them, the concept of “acceptable risk” may vary depending on the individual. Our assessment depends on our specific social perceptions and representations of dangerousness. Each one of these various representations of danger has a certain social usefulness the simultaneous consideration of which – possible by means of a pluralistic approach – can become a source of enrichment for each professional as well as a means of improving the assessment of dangerousness.

Key-Words: risk, dangerousness, social perceptions, social representations, assessment


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Services sociaux, psychiatrie et violence adolescente : explorer l’efficience des pratiques de réadaptation

Danielle Nadeau, Ph.D. (psy), LL.B.[1]
Psychologue-chercheure, Centre jeunesse de Québec – Institut universitaire, 2915, avenue du Bourg-Royal, Québec, Canada G1C 3S2
daniellenadeau.cj03@ssss.gouv.qc.ca

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Résumé
L’étude examine le point de vue de jeunes utilisateurs de services dans le souci de questionner l’efficience des services et des pratiques psychosociales québécoises en réadaptation juvénile. L’analyse du discours de dix jeunes dits « multiproblématiques » présentant une maladie mentale, un besoin de protection sociale et de fréquents épisodes de désorganisation violente a été réalisée aux termes d’une étude qualitative explorant leurs perceptions d’eux-mêmes, des intervenants, de ce qui les aide ou leur nuit, ainsi que des services reçus. Les résultats conduisent à revoir certains paradigmes cliniques et juridiques qui sous-tendent l’organisation des services inter-établissements, en appui et en amont du judiciaire.

Mots clés : adolescents violents, perceptions, maltraitance, réadaptation

Abstract
Some juveniles showing disruptive behaviours and psychiatric disorders present significant management problems for Quebec youth protection facilities. An exploratory study based upon the participants’ perceptions of their situation and their experience of social services received while in care was conducted. The study employs a qualitative design and takes an explanatory stance. It provides data on “multi-problem” youths’ perceptions (N = 10) of their own situation, their expectancies and opinions regarding service providers, and their conception of what a “helpful interventions” is. The discussion examines some clinical and legal paradigms regarding assessment and treatment of “multi-problem” violent youths.

Keywords: violent youths, perceptions, child abuse, educational treatment

Étude descriptive sur un échantillon de mineurs auteurs de délits sexuels

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Ugo Sabatello
Psychiatre de l’âge évolutif et Professeur en Médecine légale et Traitement Psychologique des Mineurs, Département de Sciences Neurologiques, Psychiatriques et Réhabilitatives de l’Âge Évolutif “Giovanni Bollea”, (D.S.N.P.R.E.E.), Université de Rome “La Sapienza”, via dei Sabelli 108, 00185, Roma
ugo.sabatello@uniroma1.it

Margherita Spissu
Pédopsychiatre, Département de Sciences Neurologiques, Psychiatriques et Réhabilitatives de l’Âge Évolutif “Giovanni Bollea”, (D.S.N.P.R.E.E.), Université de Rome “La Sapienza”, via dei Sabelli 108, 00185, Roma
maspis@hotmail.com

Teresa Jole Carratelli
Professeur ordinaire en neuropsychiatrie infantile, Département de Sciences Neurologiques, Psychiatriques et Réhabilitatives de l’Âge Évolutif “Giovanni Bollea”, (D.S.N.P.R.E.E.), Université de Rome “La Sapienza”, via dei Sabelli 108, 00185, Roma
teresa.carratelli@uniroma1.it

Traduit en français par Mariacristina Gaggiani.

Résumé
Objectifs

Cette étude propose une analyse descriptive d’un échantillon de mineurs italiens auteurs de délits sexuels, dans le but de repérer les corrélations entre agressions sexuelles violentes et psychopathies.

Méthodologie

Nous avons examiné dix adolescents auteurs de délits sexuels et dix jeunes, de la même tranche d’âge, ayant commis des infractions violentes non-sexuelles, que nous avons évalués à l'aide de l’échelle de psychopathie de Hare (Hare Psychopathy Checklist - Youth Version (PCL:YV)).

Conclusions

Les résultats de nos travaux indiquent que les aspects émotionnels de la psychopathie semblent caractériser davantage les auteurs de délits sexuels, tandis que les éléments psychopathiques liés au comportement semblent caractériser davantage les auteurs d’infractions violentes non-sexuelles.

Mots clés : agresseurs sexuels, âge évolutif, psychopathie

Abstract
A descriptive study on a sample of juvenile sexual offenders

Objectives

This study is aimed at a descriptive analysis of an Italian sample of juvenile sex offenders as well as at the assessment of the correlation between sex offence and psychopathy.

Methodologies

We examined ten adolescent sexual offenders and ten violent offenders of the same age group through the Hare Psychopathy Checklist -Youth Version.

Conclusions

Our research showed how the emotional aspects of psychopathy are more likely to characterize juvenile sex offenders whereas more behavioural psychopathic traits characterize violent non-sexual offenders.

Key words: sexual offenders, developing age, psychopathy

Le Journal d’Eric-Emmanuel Schmitt : traiter le monstre et se faire traiter de monstre

Christophe Adam
Université Libre de Bruxelles et Université Catholique de Louvain[1], Avenue Fernand Golenvaux, 10/2, 5000 Namur, Belgique
christophe.adam@ulb.ac.be

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Résumé
A partir d’un matériau littéraire, le Journal du roman La Part de l’autre d’E.-E. Schmitt, l’article propose une interrogation du rapatriement de la figure du monstre dans la condition humaine partagée. Les résistances à cette manoeuvre littéraire seront observées et mises en regard du travail de praticiens cliniciens ayant quotidiennement affaire à des monstres. Le concept de « contagion pathique » sera proposé en vue de montrer en quoi le fait même de « traiter » peut conduire à « se faire traiter de »… offrant alors la possibilité de comprendre les résonances réciproques entre les diverses significations d’un verbe qui anime les dispositifs thérapeutiques et se voit conjugué par celles et ceux qui y oeuvrent.

Mots-clés : monstre, traitement, thérapeutique, roman

Abstract
From a literary material, “Le Journal” of the novel La Part de l’autre of E.-E. Schmitt, the article proposes an interrogation of the repatriation of the figure of the monster in the human condition. The resistances against this operation will be examined and put compared to the work of the clinicians having to deal with the aforementioned monsters. The concept of " pathique contagion " will be examined to show in what the fact of “traiter” could lead “à être traité de”, offering then the possibility to understand the mutual echos between the diverse meanings of a verb which animates the therapeutic devices and sees itself conjugated by those which support them.

Keywords: monster, treatment, therapeutic, novel

Les évolutions législatives françaises : un pas de plus vers la confusion justice psychiatrie

À propos de la loi du 25 février 2008 relative à la rétention sûreté et à la déclaration d’irresponsabilité pénale pour cause de trouble mental

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Dr Marie Sautereau
Adresse professionnelle : Psychiatre, Service Médico Psychologique Régional de Lyon-Corbas, 40 boulevard des nations, 69 962 Corbas cedex BP 351
Téléphone : 04 73 752 132
msautereau@yahoo.fr

Mme Herminie Leca
Psychologue, Service Médico Psychologique Régional de Lyon-Corbas, 40 boulevard des nations, 69 962 Corbas cedex BP 351

Mme Aurélie Vittoz
Psychologue, Service Médico Psychologique Régional de Lyon-Corbas, 40 boulevard des nations, 69 962 Corbas cedex BP 351

Dr Frédéric Meunier
Praticien Hospitalier, Service Médico Psychologique Régional de Lyon-Corbas, 40 boulevard des nations, 69 962 Corbas cedex BP 351

Dr Pierre Lamothe
Praticien Hospitalier, Chef de service, Service Médico Psychologique Régional de Lyon-Corbas, 40 boulevard des nations, 69 962 Corbas cedex BP 351

Résumé
Depuis le 25 février 2008, le parlement français a voté une nouvelle loi modifiant la prise en charge des détenus considérés comme étant « les plus dangereux » et le déroulement du parcours judiciaire des détenus considérés irresponsables pénalement en raison de troubles mentaux. Les nouvelles dispositions prévoient ainsi la possibilité de placer dans des centres spécifiques des détenus à l’issue de leur peine, sans durée limitée mais réévaluée tous les ans, si leur état présente une « dangerosité » persistante associée à un « fort risque » de récidive. Dans ces centres appelés « centre médico-socio-judiciaire », des psychiatres interviendront afin de prendre en charge les détenus et leur proposeront un traitement susceptible de diminuer leur dangerosité. Dans son deuxième volet, la loi prévoit également des modifications concernant le parcours judiciaire des personnes reconnues irresponsables pénalement en raison de troubles mentaux. Alors que le classique « non lieu » se prononçait par ordonnance du seul juge d’instruction, la déclaration d’irresponsabilité pénale pour trouble mental aura lieu désormais lors d’une comparution devant la chambre de l’instruction, où la personne, son avocat et les parties civiles seront présents et entendus. Cette juridiction sera compétente pour prononcer une hospitalisation d’office, alors que cette mesure d’hospitalisation sous contrainte relevait jusqu’à présent des autorités administratives représentées par le Préfet. Cette loi amène également d’autres modifications majeures concernant le secret médical avec l’obligation pour les psychiatres d’alerter les instances pénitentiaires si un patient détenu leur parait particulièrement dangereux.

Cette loi, qui a suscité de vifs débats en France, amène ainsi de nouvelles mesures et il est indispensable que les praticiens travaillant auprès de personnes détenues soient informés de ces dispositions.

Mots clés : malades mentaux, délinquants, dangerosité, mesures de sûreté, loi

Summary
The new French legislation about placement and treatment of mentally ill offenders

Since February 25th 2008, the French parliament has adopted a new law that changes the way mentally ill offenders can be treated. Through this law, some offenders can be placed in specific centers for unlimited time. The application of this safety measure could be suspended only if it is to expected that the person will not commit more illegal acts if released. In these centers called “centres medico socio judiciaires”, there will be psychiatrists who will have to treat offenders in order to reduce their dangerousness. This law also changes the way that criminal irresponsibility is pronounced. Even if mentally ill offenders are found to be not responsible for their acts, they will appear at the hearing of the court. This juridiction will be able to pronounce the placement in a psychiatric hospital, whereas until now, it was only an administrative decision taken by the prefect. This law also compels psychiatrists to warn prison services when they consider that an offender is particularly dangerous.

This law changes the way mentally ill offenders can be treated. Nursing staff has to be aware of this modifications.

Keywords: mentally ill offenders, dangerousness, measure on safety, law